Cadre LBC/FT

Une architecture en évolution : lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme

Cette chronologie résume l’intégration juridique des cadres européens de LBC/FT ainsi que l’évolution des outils d’application et des institutions qui transforment la pratique nationale.

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Cadre LBC/FTUne architecture en évolution : lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme
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Cette chronologie résume l’intégration juridique des cadres européens de LBC/FT ainsi que l’évolution des outils d’application et des institutions qui transforment la pratique nationale.

Le blanchiment de capitaux et la corruption sont étroitement liés. Les cadres de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) ont transformé les faits de corruption en infractions financières susceptibles de poursuites, accru leur détection grâce aux déclarations et aux analyses des cellules de renseignement financier (CRF) et permis le traçage et le recouvrement des avoirs, plaçant ainsi les instruments de LBC au cœur de la stratégie anticorruption. Les directives européennes en matière de LBC ont progressivement élargi leur champ d’application, les entités assujetties et les contrôles fondés sur les risques ; elles ont été transposées dans le droit luxembourgeois par des réformes nationales successives.


Cette chronologie retrace l’intégration de la lutte contre la corruption aux dispositifs LBC/FT, l’évolution de l’arsenal d’application et l’harmonisation au niveau de l’Union européenne qui transforme la pratique nationale et les structures de surveillance.

Directive 91/308/CEE du 10 juin 1991

La première directive LBC a instauré, pour les établissements financiers, des mesures d’identification des clients, de conservation des documents et de déclaration des activités suspectes. Elle limitait toutefois initialement la définition du blanchiment aux infractions liées aux stupéfiants, excluant ainsi la corruption. Ses mesures étaient centrées sur le secteur financier et ont été intégrées au droit luxembourgeois par des modifications de la législation bancaire et financière et du Code pénal. Elles ont ensuite été consolidées par la loi du 12 novembre 2004, qui a transposé la deuxième directive LBC et développé les exigences de la première.

La deuxième directive LBC a renforcé la première par des contrôles plus stricts : elle a étendu les infractions sous-jacentes du blanchiment à toutes les infractions graves, y compris la corruption, précisé la définition du blanchiment et élargi le champ d’application à d’autres professionnels, notamment les avocats, comptables et réviseurs. Ces modifications ont été transposées dans le droit luxembourgeois par la loi du 12 novembre 2004 relative à la lutte contre le blanchiment et contre le financement du terrorisme, qui a également modifié le Code pénal, le Code de procédure pénale et d’autres textes pertinents.

Directive 2001/97/CE du 4 décembre 2001

Directive 2005/60/CE du 26 octobre 2005

La troisième directive LBC a abrogé les deux premières et instauré un cadre LBC/FT fondé sur les risques, aligné sur les 40 recommandations du GAFI. Elle a défini séparément le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, étendu son champ d’application aux prestataires de services aux trusts et aux sociétés, et harmonisé la définition des personnes politiquement exposées (PPE) afin de couvrir les personnes physiques exerçant d’importantes fonctions publiques, les membres de leur famille proche et leurs proches associés connus, avec une présomption d’un an après la cessation des fonctions. Ces modifications ont été transposées dans le droit luxembourgeois par une restructuration majeure de la loi du 12 novembre 2004 et des modifications du Code pénal, mises en œuvre par la loi du 27 octobre 2010.

La quatrième directive LBC a abrogé la troisième et révisé la définition des membres de la famille et des proches associés des PPE, en renforçant les mesures de vigilance à l’égard de toutes les PPE en raison du risque accru de corruption. Elle a principalement été mise en œuvre par deux lois modifiant celle du 12 novembre 2004 : la loi du 13 février 2018, qui a également actualisé le Code pénal et des textes connexes, et la loi du 10 août 2018, qui a renforcé le rôle de la Cellule de renseignement financier et les obligations de partage d’informations. Le 13 janvier 2019, une loi a été mise en œuvre pour créer un registre des bénéficiaires effectifs conformément à l’article 30 de la quatrième directive LBC.

Directive (UE) 2015/849 du 20 mai 2015

Directive (UE) 2018/843 du 30 mai 2018

Elle met l’accent sur une surveillance renforcée des pays tiers à haut risque présentant des problèmes de corruption et sur de nouvelles initiatives d’identification des PPE, en imposant aux États membres de fournir des informations sur celles-ci et de les regrouper dans une liste unique. Ces mesures ont été intégrées au droit luxembourgeois par la loi du 13 janvier 2019, qui a créé un registre des bénéficiaires effectifs accessible au public, et la loi du 25 mars 2020, qui a modifié la loi du 12 novembre 2004 afin de créer pour la CRF un système central électronique de recherche de données.

Le paquet LBC6 réforme le cadre LBC/FT de l’Union européenne au moyen de deux règlements et d’une directive afin d’améliorer l’harmonisation entre les États membres.

L’AMLA (règlement (UE) 2024/1620), applicable depuis le 7 janvier 2025, a institué l’ Autorité de lutte contre le blanchiment de capitaux à Francfort afin de renforcer la surveillance des entités à haut risque, de favoriser la convergence des pratiques de surveillance et d’améliorer la coopération entre les CRF.

Le règlement LBC (règlement (UE) 2024/1624), applicable à partir du 7 octobre 2027, crée un corpus uniforme de règles LBC/FT, élargit la définition des PPE, en la structurant selon leur localisation, et garantit des obligations préventives cohérentes. Par ailleurs, la sixième directive LBC (directive (UE) 2024/1640), à transposer d’ici au 7 octobre 2027, se concentre sur la gouvernance et la surveillance nationales, actualise la directive sur la protection des lanceurs d’alerte et abroge la quatrième directive LBC afin de renforcer les cadres de supervision.

Règlement (UE) 2024/1624 du 31 mai 2024

Principaux outils d’application et acteurs institutionnels

Police judiciaire / Police grand-ducale

Enquête sur les infractions financières et économiques complexes, recueille des preuves et coopère avec le ministère public, la CRF et les partenaires internationaux.

CRF/ FIU

Cellule de renseignement financier (CRF Luxembourg ; Financial Intelligence Unit — FIU) : reçoit et analyse les déclarations d’opérations suspectes, produit du renseignement financier à l’intention du ministère public et des autorités de régulation et assure la coordination avec les CRF étrangères.

CSSF

Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) : autorité de surveillance prudentielle et LBC/FT des banques, entreprises d’investissement, gestionnaires de fonds, établissements de paiement et de certains prestataires de services aux trusts et aux sociétés ; elle publie des orientations, mène des inspections et fait respecter les obligations LBC.

Ministère des Finances / Ministère de la Justice

Ministère des Finances : élabore la politique LBC/FT, prépare les textes nationaux transposant les directives européennes, coordonne la coopération internationale et supervise certains aspects des cadres de conformité.

Ministère de la Justice : responsable de la politique juridique et pénale, des réformes législatives et des mécanismes de coopération judiciaire qui soutiennent l’application des règles LBC/FT.

Ministère public et unités spécialisées

Parquet d’État / services nationaux de poursuite : mènent les enquêtes et poursuites pénales pour blanchiment de capitaux, corruption et infractions connexes, souvent en collaboration avec des procureurs spécialisés dans la criminalité financière.

Luxembourg Business Registers / Registre de commerce et des sociétés

Tient les dossiers des sociétés et le registre des bénéficiaires effectifs, contribuant ainsi à la transparence et aux contrôles LBC.

AMLA, Europol, Eurojust, Parquet européen

Partenaires européens et internationaux — Autorité de lutte contre le blanchiment de capitaux (AMLA), Agence de l’Union européenne pour la coopération des services répressifs (Europol), Agence de l’Union européenne pour la coopération judiciaire en matière pénale (Eurojust) et Parquet européen : assurent la surveillance transfrontière, la coopération opérationnelle, la coordination des dossiers et, au niveau de l’Union européenne, une convergence renforcée des pratiques de surveillance ainsi que la coordination des CRF dans le nouveau cadre AMLA/règlement LBC.

Outils de recouvrement des avoirs

Pouvoirs de gel, de saisie et de confiscation, combinés à l’entraide judiciaire et aux mécanismes de confiscation aux fins d’une application transfrontière.

Responsabilité pénale des personnes morales

Exposition accrue des personnes morales ; programmes de conformité en tant qu’outils d’atténuation et de gestion des risques.

Protection des lanceurs d’alerte

Canaux de signalement prévus par la loi et garanties juridiques soutenant les déclarations relatives à la corruption et à la criminalité financière.

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